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Protéger durablement les ressources en eau et en sol

Marc Voltz est directeur de recherche à l’UMR LISAH de Montpellier. Il est aujourd’hui récompensé par une médaille d’or de l’Académie d’Agriculture de France pour l’originalité de ses travaux et leur impact sociétal. Retour sur un parcours marqué par une question centrale : relever un défi majeur pour les générations à venir : la préservation des ressources en eau et sol.

Portrait. © Inra, Chantal Dorthe
Mis à jour le 28/09/2017
Publié le 25/09/2017

L’amour de la nature, présent depuis l’enfance, oriente très tôt son parcours. Marc Voltz suit d’abord un cursus d’ingénieur agronome puis présente un doctorat en sciences du sol, suivi d’une première expérience sur le terrain aux Antilles en tant que VAT (volontaire à l’aide technique). Par la suite, son activité évoluera progressivement vers l’animation de collectifs de recherche, plus loin du terrain.

« C’est un peu le paradoxe, le lien intellectuel a remplacé le lien physique, la nature est pour moi devenue un objet d’étude. »

L’Inra m’a donné les moyens de mener à bien mes projets

Marc Voltz commence sa carrière de chercheur au sein du laboratoire de sciences des sols, dans l’équipe cartographie. A travers l’observation et la prospection, il a dès le départ une vision de ce qu’est le fonctionnement hydrique des sols. A cette période, la communauté scientifique  est divisée entre pédologues, hydrologues, et physiciens, dont les approches n’avaient que peu d’interactions. « Les physiciens, spécialistes de l’analyse quantitative, travaillant sur les mesures et les modèles numériques, n’avaient aucune perception de la genèse ou la morphologie d’un sol ». Ces trois approches étaient toutes utiles, d’où son idée de pouvoir les réunir. En même temps, au sein du département de Science du Sol, à présent intégré dans le département Environnement et Agronomie (EA), avec quelques autres chercheurs, il a l’idée d‘un changement d’échelle d’étude, afin de passer d’une observation du sol à l’échelle de la parcelle, à une observation du fonctionnement hydrologique au niveau du paysage.

« J’ai eu beaucoup de chance, car mon département à l’Inra m’a toujours soutenu et m’a donné la possibilité de mener à bien mes projets. C’est une chance et une fierté, pour moi et mes collègues, d’avoir pu, chaque fois, monter quelque chose de neuf. »

En 1992, le département de Science du Sol soutient, sous l’impulsion de Marc Voltz, la création de l’observatoire de Roujan. A l’échelle du paysage (1 km2), il permet de mettre en lien les pratiques agricoles, le fonctionnement des sols et la genèse de la ressource en eau. Cet observatoire anticipe ainsi une demande sociétale émergente, qui n’a fait que se confirmer depuis, d’abord avec les prises de conscience des risques de pénurie en eau puis avec les problèmes de conservation des sols et de qualité de l’eau.

En 2003, une opportunité se présente : structurer un laboratoire sur une thématique nouvelle. Il crée l’UMR LISAH, centrée sur les interactions agriculture sols eau, réunissant autour d’une approche pluridisciplinaire des chercheurs de l’Inra et de l’IRD. Le périmètre d’observation s’étend à l’espace Méditerranéen, notamment au Maghreb, où un pendant de l’observatoire de Roujan est créé, les deux formant depuis l’Observatoire de Recherche en Environnement OMERE.

En 2010, arrivant au terme de son mandat de directeur d’unité, il passe la main.

« Ce peut être un moment difficile, mais c’est une très bonne chose, cela permet de continuer à évoluer tant au plan personnel qu’au plan du collectif. »

Un engagement avec et pour le collectif

Tout en continuant son activité de recherche, centrée sur l’agriculture et la qualité de l’eau, il étend son champ d’action et de réflexion et porte bien au-delà du laboratoire ses questionnements sur la protection de la ressource. Il prend en charge, au niveau national, l’enjeu structurant du département EA sur la protection, la gestion et la restauration des ressources en air, sol et eau et coordonne pendant plusieurs années un programme international d’étude de l’évolution des anthropo-écosystèmes méditerranéens. Il est actuellement président du conseil scientifique du programme « Inventaire, Gestion et Conservation des Sols » du Gis Sol, et porte aujourd’hui une réflexion sur le développement d’une cartographie numérique des sols de France, faisant appel à des moyens technologiques de pointe (numérique, télédétection).

Une anticipation de la demande sociétale

Tout au long de son parcours de chercheur, Marc Voltz s’est investi dans l’enseignement et les contacts avec les professionnels (chambre d’agricultures, bureaux d’études, agences de l’eau).

« C’est naturel quand on est à l’Inra, institut de recherche finalisé, d’être en contact avec les professionnels. Cela donne du sens  aux  travaux de recherche, cela permet d’orienter positivement les projets de recherche et permet de construire avec eux les bonnes questions. Quand les professionnels reprennent quelques questions ou résultats, c’est une satisfaction d’avoir été utile. »

Il a ainsi quelques motifs de satisfaction quant à l’impact de son travail, comme celui d’avoir d’avoir participé à l’expertise collective sur les pesticides d’où est issu le projet Ecophyto (Grenelle de l’environnement), ce qui a contribué à faire modifier les pratiques de désherbage, et, plus récemment, celui d’avoir apporté des outils utilisés pour la protection des aires de captages.

Il y a 30 ans, il n’était certainement pas évident d’anticiper ce qui aujourd’hui est devenu une évidence : gérer durablement la ressource en eau et en sol. C’est là tout l’engagement qu’il a porté et continue de porter dans son métier de chercheur.

En savoir plus

A propos de

58 ans, 2 enfants

1982 : Ingénieur Agronome (ENSA Montpellier)

1986 : Doctorat d’ingénieur de l’ENSA de Montpellier en sciences  du sol

1986 : Chargé de recherche à l'Inra de Montpellier

1998 : Directeur de recherche à l'Inra de Montpellier

2003-2010: Directeur de l’UMR LISAH et responsable de l’Observatoire de Recherche en environnement (OMERE)

Depuis 2004 : Professeur consultant à Montpellier SupAgro

Depuis 2010 : Chargé de mission auprès du département Environnement et Agronomie